La microscopie électronique (ME) est une méthode d’observation qui utilise un faisceau d’électrons de haute énergie électronique. Elle doit son invention aux limites d’observation de la microscopie classique optique (agrandissement de ´500 ou ´1000 avec des résolutions de l’ordre du 0,2 µm). C’est donc la nécessité d’observer des microorganismes à des grossissements de l’ordre de 10.000´ qui a favorisé l’apparition du ME dans les années 1930.Le premier type de ME à être utilisé fut un MET (Microscope Electronique à Transmission) mis au point par Max Knoll et Ernest Ruska en 1931. Le premier MEB (Microscope Electronique à Balayage) apparut en 1942 et fut commercialisé en 1965.(Robertson, 1995)Le ME fonctionne sur le même principe que le microscope optique (MO) avec, comme variante majeure, un faisceau d’électrons (pour le ME) au lieu d’un faisceau de lumière (pour le MO).Le faisceau d’électrons est formé dans ce que l’on appelle ‘la source d’électrons’ et il est accéléré grâce à un potentiel électrique. Le faisceau est ensuite focalisé à l’aide de lentilles magnétiques et à l’aide de fentes (de 2 à 100 µm) pour finir sous la forme d’un faisceau monochromatique focalisé sur l’échantillon à analyser. Des interactions ont alors lieu entre le faisceau d’électrons et l’échantillon ; les effets et les modifications sont traduits en images. Ces électrons peuvent pénétrer dans l’échantillon jusqu’à une profondeur d’environ 200 nm (pour une énergie fixée du faisceau incident de 20 kV).La production des électrons rétro-diffusés varie avec le Numéro Atomique moyen (en toute rigueur avec la densité éléctronique moyenne) du volume analysé (il faut également tenir compte des éléments tels que l’O, le Cl, etc.). Ainsi, les éléments avec un numéro atomique plus élevé apparaîtront plus clairs que les éléments plus légers. Voici un exemple appliqué à un cas qui nous intéresse, celui des vitraux : le plomb (82Pb) apparaîtra en blanc à l’écran alors que le silicium (14Si) de numéro atomique plus léger apparaîtra en noir/gris clair. Cette méthode est donc principalement utilisée pour différencier des éléments de numéros atomiques différents dans un même échantillon.L’analyse par électrons secondaires se base sur l’effet provoqué par un électron passant suffisamment proche d’un atome pour communiquer une partie de son énergie à un atome de plus faible énergie. Ceci produit une légère perte en énergie et une modification de la trajectoire de l’électron incident. C’est un autre électron issu de l’atome ionisé par l’électron incident, qui est émis avec une très faible énergie cinétique (5 KeV). Il est alors désigné comme électron secondaire. Notons que chaque électron incident peut produire plusieurs électrons secondaires. L’utilisation des électrons secondaires permet d’obtenir une image topographique de l’échantillon analysé. Le relief de l’échantillon est alors strictement lié à la production d’électrons secondaires qui proviennent d’une profondeur inférieure ou égale à 10 nm. Le comptage des électrons secondaires se fait alors après que ces derniers aient été collectés par un « collecteur » d’électrons secondaires.Lorsque le Microscope Electronique est couplé à un système d’analyse élémentaire, on peut analyser les rayons-X émis par l’échantillon. On obtient ainsi un spectre caractéristique de la composition en éléments de la partie analysée. Cette excellente technique d’analyse chimique qualitative peut aussi être utilisée à des fins quantitatives après un étalonnage précis.
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L’appareillage utilisé est un microscope électronique à balayage de type : JSM-840A avec un tube de modèle : Link (Oxford) -analytical LZ-5- couplé à un détecteur Tetra. Le mode de traitement des spectres est réalisé par le logiciel ISIS.
-BOUCHARD, 2001-