La Diffraction des Rayons-X (DX)

La diffraction des Rayons-X a pour principal rôle dans les études menées dans le cadre de ma thèse de doctorat de corroborer les résultats acquis par MR sur les échantillons minéralogiques étalons. Le détail de cette double analyse par MR et par DX est développé dans Bouchard, 2001.
Il est cependant nécessaire de signaler que la diffraction-X est une méthode semi-destructive qui nécessite une préparation préalable de l’échantillon (broyage, lame, etc. -les monocristaux peuvent être analysés sans préparation mais ils nécessitent quand même un prélèvement-) et qui requiert un temps d’acquisition des données souvent plus long qu’en MR.

Principe

Les rayons-X, dont la longueur d’onde est du même ordre de grandeur qu’un atome (~1Å), se situent dans le spectre des ondes électromagnétiques entre les rayons g et l’ultraviolet.
Sur la base du même principe d’identification que la MR (« finger print »), le spectre DX d’une espèce inconnue est comparé à des spectres de références (répertoriés par des fiches JCPDS ou ASTM du nom de la banque de données qui les rassemble). Les principaux domaines concernés par cette méthode sont :
- l’identification des matériaux ;
- la détermination de leur structure cristalline : organisation des atomes, distances interréticulaires, paramètres de la maille, angles des liaisons (on les détermine en partie grâce aux intensités des raies et grâce à la loi de Bragg), etc.
Même si l’on peut effectuer des analyses sur des monocristaux (chambre de GANDOLFI), les analyses les plus couramment menées par DX portent sur l’étude de composés réduits en poudre.
Le principe consiste alors à placer le matériau réduit en poudre sur une lame, dans une enceinte appropriée, à le soumettre à un bombardement de rayons-X monochromatiques et à enregistrer le spectre de diffraction émis pas ce matériau. Les poudres sont préparées dans un mortier en agate afin d’obtenir de fines particules qui se présenteront théoriquement dans des orientations aléatoires lorsqu’elles seront disposées sur un porte-échantillon en verre.
Grâce à la loi de Bragg, on peut relier la valeur qhkl de chaque raie à la distance interréticulaire (d) entre chaque plan cristallin (hkl).
 l = 2 dhkl sin q

Avec : linc (longueur d’onde du faisceau de rayons-X incident), dhkl (distances interréticulaires entre les différents plans cristallins, et ‘hkl’ les indices de Miller), q (l’angle formé par le rayon incident par rapport aux plans réticulaires). L’angle de diffraction est l’angle formé entre le faisceau incident et le faisceau diffracté, il est équivalent à 2q.
Notons qu’il existe deux types de diffraction de rayons-X selon le type de faisceau incident et le mode de collecte du rayon diffracté :
la diffraction « en dispersion d'énergie », où le faisceau de rayons incidents est polychromatique et le détecteur ponctuel.
la diffraction « en dispersion angulaire », où le faisceau de rayons incidents est monochromatique et le détecteur étendu spatialement. Il s’agit du mode de diffraction utilisé dans cette étude (Figure 10). Dans ce dernier cas, qui nous concerne particulièrement, la longueur d'onde (l) est fixée et les intensités diffractées sont observées pour des valeurs discrètes de q qui est reliée aux distances réticulaires dhkl.

Photographie de l’enceinte utilisée pour l’analyse par diffraction X (INEL).

Les avantages de la technique de diffraction-X en dispersion angulaire sont, entre autres, une meilleure résolution intrinsèque et une moindre influence des orientations préférentielles des cristaux d’une poudre (celles-ci sont moyennées en intégrant les intensités mesurées le long des cercles de diffraction). Les inconvénients majeurs retenus sont la difficulté de réalisation d’un faisceau monochromatique, la perte d’intensité par rapport à un faisceau polychromatique et le problème d’observation des grands angles de diffraction.
Toutes les analyses effectuées par DX ont respecté les conditions expérimentales suivantes : il s’agit d’un appareil INEL agrémenté d’un générateur de rayons-X ‘XRG2500’ et d’un détecteur multicanal ‘CPS120’. Les puissances utilisées sont de 40 kV pour une intensité de 20 mA. Deux tubes anticathodes ont été utilisés (un de cuivre et un de fer) afin d’optimiser au maximum les analyses menées sur un corpus de minéraux très variés.
-BOUCHARD, 2001-